La chiropratique
Une profession médicale reconnue en Suisse, spécialisée dans le diagnostic, le traitement, la prévention et la réhabilitation des troubles de l'appareil locomoteur : colonne vertébrale, bassin et articulations des membres.
Le mot vient du grec cheir, « la main », et praktikos, « qui agit ». Mais la chiropratique va au-delà du geste manuel : elle aide aussi chaque patient à adopter un mode de vie qui respecte son dos et ses articulations.
Une profession médicale universitaire
En Suisse, la chiropratique fait partie des cinq professions médicales universitaires reconnues par la loi fédérale sur les professions médicales (LPMéd), au même titre que la médecine humaine, la médecine dentaire, la pharmacie et la médecine vétérinaire.
Depuis 2008, la formation se fait à la faculté de médecine de l'Université de Zurich : 12 semestres, dont 6 de médecine humaine (bachelor) puis 6 de chiropratique (master), suivis de l'examen fédéral et d'une formation postgrade de plusieurs années.
Le chiropraticien exerce de façon indépendante : il pose son diagnostic et peut prescrire des examens complémentaires, comme des radiographies.
Cette reconnaissance a deux conséquences concrètes pour vous :
- vous pouvez consulter directement, sans ordonnance ;
- les traitements sont remboursés par l'assurance de base (LAMal), après déduction de la franchise et de la quote-part, ainsi que par l'assurance accident et l'assurance militaire.
Pourquoi une articulation bloquée fait mal
Les articulations, les muscles, les ligaments et la peau contiennent de nombreux capteurs qui informent en permanence la moelle épinière et le cerveau. En retour, le système nerveux règle la tension des muscles.
Quand une vertèbre perd sa mobilité, ses capteurs envoient des signaux anormaux. Les muscles de la région, et parfois ceux du bras ou de la jambe qui dépendent du même étage vertébral, se contractent davantage. Un muscle trop contracté est moins bien irrigué, se fatigue et devient douloureux. Les articulations voisines sont alors surchargées, ce qui peut entraîner des compensations, des inflammations et d'autres douleurs.
Le traitement chiropratique vise à briser ce cercle : en rétablissant la mobilité de l'articulation, il normalise les signaux envoyés au système nerveux. La tension musculaire diminue et les irritations régressent.

Comment se passe un traitement
Après un entretien et un examen, la chiropraticienne pose un diagnostic et vous explique les options. Le traitement peut comprendre :
- des ajustements : des mouvements précis et rapides sur une articulation bloquée ;
- des mobilisations douces des articulations ;
- des techniques sur les muscles et les tissus mous ;
- des exercices à faire à la maison et des conseils de posture et d'ergonomie ;
- selon les besoins, des mesures complémentaires : bandages de soutien, moyens auxiliaires orthopédiques, ou prescription d'un antidouleur ou d'un anti-inflammatoire. [À VALIDER : méthodes réellement utilisées au cabinet]
L'ajustement consiste à donner à l'articulation une impulsion manuelle précise et finement dosée, dans le respect de ses limites naturelles, pour lui rendre sa mobilité. Il s'accompagne souvent d'un petit craquement, impressionnant mais indolore : ce sont des bulles de gaz qui se forment dans le liquide de l'articulation.
Le traitement est adapté à chaque personne, à son âge et à sa situation. Vous êtes toujours informé de ce qui va être fait.
Les troubles les plus fréquents
La chiropratique peut aussi aider pour certaines douleurs d'épaule, de hanche ou de genou, ou des douleurs de la mâchoire. En cas de doute, appelez le cabinet.
Un peu d'histoire
Les manipulations articulaires sont pratiquées depuis l'Antiquité, en Chine, en Égypte et en Grèce ; à Rome, le médecin Galien les utilisait déjà pour soigner les gladiateurs. La chiropratique moderne est fondée à la fin du XIXe siècle aux États-Unis par Daniel David Palmer, qui crée le Palmer College of Chiropractic à Davenport (Iowa).
En Suisse, les premiers chiropraticiens, formés aux États-Unis, reviennent au pays dans les années 1920. Le 22 janvier 1939, une votation populaire zurichoise reconnaît la chiropratique, puis le droit de pratique s'étend canton après canton. En 1962, une pétition de l'association de patients Pro Chiropratique réunit près de 395 000 signatures ; depuis 1964, les traitements chiropratiques sont pris en charge par l'assurance maladie obligatoire.
Ce que la chiropratique ne remplace pas
Comme toute thérapie, la chiropratique a ses limites, et l'étude de ses contre-indications fait partie de la formation. Elle ne remplace pas un suivi médical pour les maladies générales. Lors du premier examen, la chiropraticienne vérifie l'absence de signes qui nécessitent une autre prise en charge et vous oriente si besoin vers votre médecin, un spécialiste ou un examen d'imagerie.
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Le cabinet accueille les nouveaux patients. Un premier rendez-vous permet de faire le point et de vous proposer une prise en charge adaptée.